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Hommes

de Dieu
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Cycle de la statutaire des ébrasements

Les statues des portails de la cathédrale de Reims présentent une diversité stylistique déconcertante, il convient donc de les comparer et de les répartir en groupes cohérents malgré les relations évidentes qui existent entre chaque groupe. Il y eut d'abord des remaniements de programme et ensuite l'intervention de plusieurs ateliers de sculpture avec la participation d'artistes d'âge et de formation différents.

 

Portails du croisillon nord :

L'abandon d'un premier projet de façade, élaboré par Jean d'Orbais, aurait eu pour conséquence le remploi sur le croisillon nord d'un portail des Saints et d'un portail du Jugement Dernier jadis destinés à la façade occidentale. Les statues qui occupent les ébrasements s'apparentent aux anges des contreforts du chevet, (vers 1220). Le mur de placage sur lequel les deux portails ont été incrustés, masquant en partie les trois lancettes initialement construites, dénote que ces portails n'étaient pas destinés à cet emplacement. Le troisième provient d'un enfeu dont on a réutilisé la partie supérieure pour décorer le tympan.

 

Portails de la façade occidentale :

Sur les intentions du premier maître-d'œuvre et du commanditaire, deux hypothèses sont émises : - le maintien de la façade du XIIe siècle, agrémentée de quelques grandes statues, - la construction d'une façade adaptée à la nef. Toutefois, il est évident que la façade actuelle ne pouvait avoir été dessinée dès 1210. Il est possible de discerner plusieurs ateliers de sculpture s'échelonnant sur près d'un demi siècle, de même, au moins deux programmes iconographiques successifs. La décision de construction d'une façade plus vaste et plus somptueuse que celle qui avait été initialement projetée ou que celle de Samson aurait été prise au milieu du XIIIe siècle (1245 ou 1255 suivant les historiens). Les œuvres les plus anciennes sont les statues-colonnes des prophètes du portail de droite, qui datent probablement du tout début de la construction de la cathédrale (1220), donc appartenant à la campagne initiale. Posées sur d'archaïques marmousets, ces statues semblent inspirées des christophores de la cathédrale de Chartres.

Le groupe de statues, d'un cycle marial, imprégné de l'art antique, faisait partie également de la première campagne (vers 1230). Elles ont une grande souplesse dans l'attitude avec un léger déhanchement, les plis des vêtements sont fort accentués, et les socles qui abritent des marmousets sont beaucoup plus minces que ceux des autres statues. Il est possible que des artistes aient étudié l'art antique sur le sol hellène (durant les Croisades, une dynastie originaire de champagne était établie à Athènes).

Le troisième atelier, sous une influence amiénoise se différencie nettement du précédent, (vers 1245). Les visages impassibles, le plissé des vêtements traité plus sobrement, les épaules tombantes portent la marque de sculpteurs inspirés probablement par les œuvres d'Amiens.

Un dernier atelier, contemporain de l'architecture (donc postérieur aux années 1255), l'atelier "rémois" fait une synthèse des apports divers, pour créer un style champenois original qui trouve son apogée dans l'ange au sourire.

S'il est évident que la sculpture est mise en place une fois achevée, il n'est pas déterminé qu'elle soit l'œuvre d'un seul artiste, ni qu'elle soit le reflet d'une seule inspiration personnelle ou la réponse au desiderata du commanditaire, toutes ces questions, et bien d'autres, incitent à une extrême prudence dans le classement, la datation, le référencement de chaque sculpture. Les cycles ont été fâcheusement entremêlés au moment du montage des ébrasements. Les marques de pose, relevées par Henri Deneux, permettent de reconstituer des scènes plus homogènes (sur 26 statues destinées aux ébrasements, 9 sont dépourvues de marques).